Après la pluie
RomanceUn avant-goût des
premières pages
Alec ouvrit la porte d’entrée et retint sa respiration. Il se figea espérant garder la perfection du moment. Il serra la poignée pour ne pas défaillir. Était-ce bien elle ?
Ses joues étaient plus creuses, son visage affiné et ses clavicules saillaient : elle avait maigri. Et ses cheveux ! Elle avait toujours arboré un carré strict blond « cendré doré » ; elle vantait souvent cette nuance qui lui donnait un air de Scarlett Johansson. Ses cheveux avaient foncé et lui arrivaient aux épaules par vagues bouclées. Acajou ? Cuivré ? Peu importe, elles lui conféraient une allure plus chaleureuse. Elle portait une tunique ou une robe bleu marine. Le tissu éthéré laissait entrevoir un soutien-gorge sombre en dentelle aux motifs complexes qu’il ne lui connaissait pas. Alec fit rouler ses yeux sur ses jambes interminables et son sexe réagit au quart de tour. Elle était exquise. Ses doigts le démangèrent. Il avait envie de la caresser, deviner sa saveur avant de lui lécher la peau.
Il lui attrapa une poignée de cheveux et en huma l’odeur. Ses narines s’arrondirent sous l’excitation. Elle portait toujours ce parfum de citron et de verveine. Il inspira pour s’emplir d’elle et une crainte le saisit : et s’il la décevait ? Il pensa à sa bedaine naissante, à ses cheveux clairsemés striés de fils blancs. Il écarquilla les yeux. Il ne rêvait pas. Elle était bien là sur son seuil. Dans cette robe presque transparente.
Il ouvrit la bouche, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Que disait-on lorsqu’on découvrait la femme de sa vie sur son palier ? Devait-il se la jouer « cool » en lui lançant un « salut, ça va ? » comme s’ils s’étaient vus la veille ? Alec serra ses lèvres pour masquer son sourire. Il avait gagné, elle était revenue. Il prit une pose étudiée pour afficher son ennui. Il pouvait écouter ce qu’elle avait à dire… Ou mieux, il pourrait fermer la porte. Une façon de lui faire comprendre qu’il était passé à autre chose. Grisé par ce nouveau pouvoir, ses lèvres s’incurvèrent malgré lui.
Souvent, il croyait la reconnaitre dans la rue : un sac, un rire, une démarche. Aujourd’hui, il ne pouvait s’empêcher de penser à elle quand une blonde aux cheveux courts croisait son chemin.
Alec admira les doigts fins et graciles de la jeune femme ramener une mèche derrière son oreille. Elle leva la tête et plongea ses yeux dans son regard miel. Alec lut son envie et sentit le plaisir courir dans ses veines. Il ressentait la même urgence. Ses lèvres s’entrouvrirent et il vit les tétons de la jeune femme poindre. Son sexe eut un sursaut d’impatience.
Avant qu’il ne puisse dire un mot, Anna lui attrapa le col de la chemise et écrasa les lèvres. Le crâne d’Alec heurta la porte. Tout en fouaillant sa bouche, il pivota pour la faire entrer dans l’appartement. Anna en profita pour fermer le battant avec son pied. Elle se laissa aller contre le mur et plongea les mains dans ses cheveux d’Alec et le tira contre elle.
Alec la plaqua et glissa les doigts sous le vêtement. D’un geste, il écarta les pans de sa robe. Les boutons de nacre rebondirent sur le parquet.
Avec son autre main, il déchira la fine dentelle. Il ne pouvait plus se retenir. Plus tard… Plus tard lorsque la tension descendrait, ils discuteraient… ou peut-être qu’il lui referait l’amour.
Il empoigna ses hanches et sentit les reins d’Anna se creuser pour l’accueillir. Elle gémit et emprisonna son sexe déjà durci entre ses doigts. Il se laissa happer.
Alec se redressa en sursaut et se couvrit les yeux. Des rais aiguillonnaient ses paupières. La main en visière, il regarda autour de lui et se laissa tomber sur le matelas.
La lumière passait par le store entrebâillé et dansait sur son corps. Quelle heure était-il ?
Il était allongé dans le canapé de son salon. Seul. Il fixa le plafond.
Il tâta les plis du plaid à la recherche de son téléphone. Il le trouva et pressa le bouton central. L’écran resta noir. Il fronça les sourcils. Il appuya à plusieurs fois sans aucun résultat. Il avait changé de mobile il y a deux semaines et n’arrivait toujours pas à se défaire des automatismes pris avec son ancien appareil. Il insista à plusieurs reprises sur le bouton de déverrouillage sur le côté. Rien.
Il brancha son téléphone et entendit un bip joyeux : batterie vide. Il soupira. La journée commençait bien !
Il se redressa et se sentit une brûlure au niveau de l’entrejambe. Son sexe était en dehors de la braguette. Boursouflé. Il vit alors les traces visqueuses sur son pantalon, le plaid et le coussin du canapé sur lequel il s’était assoupi. On aurait dit de la morve… Sauf que ce n’en était pas. Il parcourut le salon des yeux à la recherche d’une robe bleue ou des cheveux châtains : vide. Il n’y avait jamais eu quiconque d’ailleurs. Une tristesse coutumière l’envahit. Encore ce rêve. Cochon, mais un rêve quand même. Il prit la canette de soda entamée sur la table basse et se replongea avec délice dans ses pensées…
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